La naissance du Japon

La naissance du Japon
En cette époque si reculée que le temps lui-même n’existe pas vraiment, le monde n’est pas encore né. Rien n’existe encore, à part peut-être l’espoir de verdure, de montagne ou de vie…
Seule s’élève à perte de vue, une vapeur chaude et grise. Rien d’autre. Puis soudain, quelque chose émerge de cette nuée informe : une masse ronde se dévoile peu à peu. Elle ressemble à une boule, moitié liquide, moitié gazeuse. Il lui faut des milliers de siècles supplémentaires pour achever sa transformation.
 
La partie la plus pure et la plus légère s’élève et flotte à présent telle un cristal bleu autour d’une sphère à l’apparence huileuse. La jeune planète, la nôtre, est alors en grande partie recouverte d’un immense océan.
 
Puis, dans le ciel, des êtres magnifiques font leur apparition. Certains sont blancs, d’autres cuivrés ou noirs.
Les plus beaux sont ceux dont la peau ressemble à de l’ambre ou à de l’or. On ne trouve encore ni soleil ni lune dans les cieux, mais les étoiles émettent une faible lumière qui plait à ces habitants aériens. Ces êtres, les futurs dieux, ressemblent aux humains tels que nous les connaissons aujourd’hui, mais ils sont plus grands, plus beaux et bien plus gracieux. Lorsqu’ils marchent, on dirait qu’ils volent comme des oiseaux.
Leurs voix produisent une symphonie délicate qui emplit le ciel. Ils sont de plus en plus nombreux : des couples divins, un dieu accompagné d’une déesse, naissent chaque fois qu’une étoile clignote.
Pour leur part, les dieux à la peau dorée choisissent bientôt de vivre dans la Voie lactée, là où la lumière est la plus intense.
 
Un livre à venir.
 
Photo de Lorena a.k.a. Loretahur (Flickr), Meoto Iwa, las rocas casadas