Oda Nobunaga de Charles-Pierre Serain

Bandeau Oda Nobunaga

Oda Nobunaga de Charles-Pierre Serain

Dans un Japon féodal miné par les guerres intestines, un vent nouveau vient de se lever.

Fougueux, indomptable, il a les traits d’un jeune samouraï qui bouscule les préjugés et les certitudes de ses anciens. Seul contre tous, Oda Nobunaga affronte son destin pour s’imposer au sein de sa famille et de son clan.
Rien ne l’arrête. Rapide, audacieux, innovant, Oda trace une route de feu vers Kyoto, la capitale Impériale. Bousculant les seigneurs voisins, il impose sa main de fer sur les provinces rebelles ne laissant que peu de chance à ses ennemis. Dés lors, une seule chose compte pour lui, devenir le chef suprême de tout le Japon.

Dans la fureur des batailles, les complots des palais, Oda se révèle tour à tour visionnaire, rusé, déterminé. Mais derrière ce fantastique destin se cachent aussi des côtés obscurs, des doutes et même des faiblesses. Cette partie de lui, cachée au yeux de tous, finiront par perdre Oda, et le ramènera au final à sa condition d’humain à laquelle il avait tant essayé de s’échapper.

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Oda Nobunaga, avis d’un lecteur

Ce livre est une énigme. Tout comme le Japon et ses composantes culturelles, anthropologiques, géographiques pour tout observateur occidental qui n’y a jamais mis les pieds, n’a jamais pratiqué d’art martial ou n’a jamais rien lu venant du Soleil Levant. Ce roman est une énigme car il touche au cœur et à la tête par l’épure, par économie d’énergie et par un geste franc et direct. Comme un coup de sabre fulgurant et tranchant simplement ce qu’il faut pour vous mettre à terre.

La narration y est quasiment cinématographique. Le style est incisif. Un geste bien esquissé décrit un monde entre les lignes. Ce geste se substitue souvent à un dialogue verbeux dont les contours auraient pu prendre tant de place que la surface en aurait sans doute éclipsé la profondeur. La première scène du livre est pour cela symptomatique : un enterrement, une porte ouverte avec fracas, un habit non convenable, une coiffure ébouriffée, une arme dégainée dans un lieu de recueil, une mise en échec du cadet envers son aîné pour finir par un mépris désinvolte en lieu et place d’un hommage solennel au père défunt. Cette scène épurée résume à elle seule tout un tempérament et possède, en soi, sa propre énergie et sa propre puissance évocatrice, alors que les mots seuls et trop nombreux auraient certainement cloisonnés, circonscrit, sans pour autant englober.

En outre, il y a un coup de force dans la scène d’introduction qui se perpétue dans une multitude scènes au cours du roman, à savoir que l’universel se sublime à partir du particulier. En effet, la description des détails subtils qui s’enracinent profondément dans la culture japonaise dressent un tableau qui touchent à l’universalité en faisant émerger des us et coutumes de la civilisation japonaise ce qu’il y a de commun à toutes les civilisations (par exemple le respect que l’on doit aux ancêtres, le poids de la tradition qui peut être un terreau fertile ou du ciment qui empêche de se mouvoir…). En d’autres termes, ce que montre ce livre, d’autant plus à un lecteur occidental, c’est qu’il y a des similitudes, des schémas, des grands motifs qui se répètent et se ressemblent dans l’Histoire des hommes, et ce sur tous les endroits de la planète, et pourtant chaque territoire, chaque culture, chaque civilisation se singularise et possède sa propre temporalité (il suffit de constater au niveau des dates que le Japon est à l’ère dite « médiévale » et des féodalités lorsque l’Europe entame son ère dite « moderne », pourtant ces deux parties du monde y vont chacun de leur massacre).

La posture épurée du romancier se retrouve autant dans l’espace « intérieur » des scènes (la substance du texte) que dans l’espace « extérieur » (la structure du roman). Les phrases courtes, les verbes et adjectifs convenablement choisis, l’absence de certaines figures de styles comme l’énumération si propre à nos cultures occidentales qui font primer le mot sur le geste, les ellipses savamment dispatchées entre les scènes, confèrent à ce roman un aspect d’urgence, d’unité et de détermination qui tranchent avec le cadre qu’il s’est choisi, à savoir le Japon médiéval si propre à l’inertie, à la division et au poids de la tradition. En somme, le texte et la structure du roman sont en totale cohérence avec l’état d’esprit de Nobunaga et le projet sur lequel il bâtit toute sa vie, projet qui en ces temps de division des clans paraissait sans doute fou et sans aucune chance d’aboutir.

Parler de ce roman sans évoquer le personnage principal d’Oda Nobunaga serait un sacrilège. L’état d’esprit de l’auteur sur ce personnage est prégnant. On ne peut savoir s’il en admire le courage et la détermination, ou s’il en fustige les dérives et les exactions. On ne peut discerner s’il fait l’apologie du stratège militaire ambitieux et génial, ou s’il met en exergue ses erreurs politiques et ses errements diplomatiques. Toutes ces composantes sont présentes et témoignent de la complexité de ce personnage historique et de l’époque dans lequel il s’est inscrit. Au final, la résultante de ce savant mélange est une réflexion puissante sur la dialectique du Tyran et du Fondateur, de l’Unificateur et du Destructeur, de l’Empereur et du Pacificateur. Ces idées, en rapport étroit, sont incarnées à la fois par Nobunaga, mais aussi par les personnages qui gravitent autour. Ceux-ci encouragent parfois le caractère fougueux et colérique du chef de guerre, mais aussi tempèrent sa volonté et arrondissent les angles de sa diplomatie grossière. Le personnage du Singe est dans ce cas-là une incontestable réussite, tant et si bien que la frustration guette lorsque des ellipses masquent (sans doute volontairement) les agissements du Singe pour lequel la sympathie du lecteur se tourne immanquablement.

Une des composantes les plus intéressantes du roman est la description des différentes stratégies militaires. Il y a les stratégies traditionnelles (disons structurelles) sur lesquelles Nobunaga et ses ennemis se basent. Et il y a les stratégies de rupture (disons conjoncturelles) que Nobunaga est le seul à oser imaginer et utiliser, au mépris du respect le plus élémentaire pour son ennemi (l’apparition des mousquets et la refonte doctrinale qu’elle inspire est une des lignes de force du roman, tout autant que la propension de Nobunaga à briser les règles conventionnelles). À tel point que ses ennemis se semblent par être architecturés mentalement et spirituellement pour parer à de telles stratégies. À dire vrai il paraît inconcevable pour eux de se parjurer de la sorte pour satisfaire son ambition.

Le prix de l’unification du Japon était sans doute dépendant d’un homme brisant l’inertie des règles et des traditions. C’est ce que nous dit en substance ce roman. Et le message paraît universel tant tout projet de pacification impériale (ou de fondation d’une nation) a toujours été incarné par des hommes forts qui ont consacré leur vie à leur projet, toujours au prix du sang et des larmes. Cependant, prodiguer un coup de poing avec une telle force sur une structure établie et multiséculaire finit toujours par meurtrir le bras. En tant que lecteur, et a fortiori j’imagine en tant que lecteur japonais, on peut dès lors se poser la question : Nobunaga, simple tyran ou martyr d’une cause plus noble ?

La richesse du roman conduirait à écrire un roman sur le roman. Nous pourrions évoquer la femme de Nobunaga comme source première de son jusqu’au-boutisme, son positionnement dans la famille comme source de sa volonté et de son ambition, son éducation comme point pivot de son ambition, sa relation avec les sectes religieuses qu’il enrage de ne pouvoir contrôler ou soumettre, sa détestation des ninjas parce qu’ils ne veulent suivre que leurs rites et leurs règles (un anarchisme à la japonaise en quelque sorte) et qui constituent une menace constante contre son pouvoir. L’opposition entre la secte ninja et le conquérant conduit d’ailleurs aux plus belles et aux plus épiques pages du roman.

Tout ceci conduit à penser que ce roman énonce sans dénoncer, esquisse sans diluer, questionne sans répondre, bref tout ce qui constitue une pièce littéraire qui marque et suscite des réflexions bien après avoir lu la dernière phrase.

Bravo à l’auteur pour ce travail remarquable.
Gaspard H.

Oda Nobunaga

16,00 

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Dans un Japon secoué par des guerres intestines n’apportant que chaos et instabilité à ses habitants, Oda Nobunaga n’aura qu’un but, le rêve de toute sa vie : unifier le japon sous son autorité, afin de faire régner la paix. Il se révélera excellent stratège et innovant dans une société pétrifiée dans ses anciens codes de guerre.

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Toyotomi Hideyoshi

16,00 

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En 1557, dans un Japon déchiré par les guerres civiles, un petit paysan se met au service d’un jeune seigneur de guerre, Oda Nobunaga. Gagnant peu à peu sa confiance, celui que l’on surnomme « le Singe » va gravir peu à peu tous les échelons, jusqu’à devenir général du clan Oda. Faisant preuve d’un sens inné de la stratégie et de la ruse qui contraste avec la tradition guerrière de ses adversaires, il remporte de plus en plus de victoires pour son maître, dont il devient le principal officier.

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