Ma rencontre avec Kobayashi Sensei

Le noeud de la ceinture, livre d'André Cognard

Le petit manuel d’aikido livre d’André Cognard

…Devant mon insistance, il me proposa aussi le karaté. Enfin, il ajouta ces mots qui furent magiques pour moi : « De toute manière, ici, on paie une seule cotisation et l’on peut faire ce que l’on veut. Tu peux donc essayer aussi l’aikido ».  D’un seul coup, ce professeur m’avait donné une mesure des arts martiaux japonais qui m’habite encore : le budo  c’est le budo, la question de la forme vient après. Le premier engagement consiste bien à définir si l’on veut suivre la voie des armes ou non. Dans la conclusion de la première édition de 1986, je citais Monsieur Jazarin à propos de la rectitude et de l’idée de gishi. Je reprends cette citation ici pour illustrer ce propos sur le budo.

« La rectitude, esprit de raison droite et de justice ». Un bushi célèbre la définit ainsi : La rectitude est le pouvoir de prendre, sans faiblir, une décision dictée par la raison. Mourir quand il est bien de mourir, frapper quand il est bien de frapper. Un autre bushi dit : « La rectitude est l’ossature qui donne la fermeté qui vous tient droit. Comme sans os, la tête ne peut rester au sommet de l’épine dorsale, ni les mains se mouvoir, ni les pieds porter le corps, ainsi sans la rectitude, ni le talent, ni le savoir ne peuvent faire d’une carcasse humaine un samurai. Si l’on a la rectitude, les talents sont secondaires. L’épithète « gishi » (homme droit) est regardée comme supérieure à tout titre exprimant la perfection dans les sciences ou dans les arts. Les célèbres quarante sept ronin , fidèles samurai, sont connus dans le langage courant comme 47 gishi. La rectitude est dans la conduite l’expression de la valeur. Mais cette rectitude pourrait dégénérer si elle n’était soutenue par l’audace et l’endurance du courage. »

En effet, il existe une communauté de penser, une manière de voir la vie chez les pratiquants d’arts martiaux qui est fondée sur cette idée de droiture, de respect des autres et d’engagement. Elle était encore nombreuse chez les judoka, quand j’ai débuté les arts martiaux, et elle rassemblait indifféremment des pratiquants de tous les budo. Depuis que le judo et le karaté sont, pour certains, devenus des sports,  l’esprit sportif a pris le pas et envahi, avec ces nombreux travers, le monde martial, occultant ses valeurs principales et les remplaçant par l’esprit de compétition qui est tout sauf martial. Quant au professeur qui  m’accueillit ce premier jour, il était judoka, karatéka et aikidoka et la rectitude du budo avait pour lui un sens profond. Il sut  immédiatement, par son attitude rigoureuse, sa martialité et son exigence, me transmettre des valeurs qui me furent utiles tout au long de mon apprentissage. Elles constituent encore les fondements de mon enseignement.  Il s’agit en particulier d’éléments d’une éthique générale des arts martiaux que je n’eus qu’à enrichir ensuite de celle propre à l’aikido de Kobayashi Sensei.

Le petit manuel d’aikido d’André Cognard

L’harmonie efficace

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UGS : 978-2-915384-35-2 Catégorie : Étiquettes : ,
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L’infinitude du corps

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Kobayashi Hirokazu sensei me disait fréquemment :

« Le corps ne ment jamais »

Ce qui ne peut être pensé ne peut être dit si ce n’est par le corps lui-même. Les mimes, les adaptations, les souffrances constituent le récit instantané de toute la vie du sujet et de ses ancêtres jusqu’à l’origine du monde. Tout le corps est mémoire.
Les mimes disent l’impensé, les pathologies disent l’impensable. La souffrance est le moyen qu’a le corps de maintenir l’unité du sujet malgré tout. Le corps rétablit la vérité en tout. Né des générations et de l’autogénèse, il est indivisé et porte en lui identité et altérité comme consubstantielles. La pratique de l’aikishintaiso nous permet d’affirmer :

« Le corps est infini. »

UGS : 978-2-915384-44-4 Catégorie :
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